Le Visiteur nocturne

29 février 2012

Bref

En janvier dernier a paru le dernier recueil de nouvelles d’Annie Saumont (Le Tapis de salon, Julliard). Dans la veine d’écriture qu’elle affirme depuis quarante ans, elle nous gratifie encore une fois d’un ouvrage dont elle a le secret. Mais, avant toute chose, qu’est-ce que l’art d’Annie Saumont ? C’est une littérature qui jure de toute évidence avec la figure de son auteur. La petite femme aux 84 printemps qui s’appuie sur sa canne pour se déplacer, qui sourit avec timidité et bienveillance, n’est visiblement pas raccord avec... [Lire la suite]

17 février 2012

La symphonie girondine

Une fois n’est pas coutume, ma critique ne portera pas sur une fiction, mais sur un recueil d’articles qui fait suite à un colloque organisé en septembre 2010 à Malagar, au cœur de la résidence de François Mauriac qui accueille aujourd’hui le centre d’étude qui lui est consacré. Ce Gide Chez Mauriac (éditions confluences), paru en janvier sous la direction de Caroline Casseville et Martine Sagaert, est l’occasion d’effleurer quelques thèmes qui me sont chers et de donner du grain à moudre à la belle réflexion qui s’y fait jour. Que... [Lire la suite]
20 janvier 2012

Au pays des regrets ou la (ma) lecture en question

Etgar Keret est un écrivain au talent rare, du genre de ceux qui construisent une œuvre au-delà des codes génériques, au-delà des canons d’écriture, qui déploient un imaginaire sans bornes et une atmosphère douce et surréaliste, poétique et imagée. A ma connaissance, seule en France Annie Saumont (dont je parlerai prochainement du dernier recueil de nouvelles, Le Tapis de salon), parvient à d’aussi probants résultats en matière de nouvelles. Il y a, je crois toutefois, une limite à la grande singularité d’une plume qui fait penser au... [Lire la suite]
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21 novembre 2011

La confusion peut-être

Quand d’autres ne le font pas à ma place, il m’arrive de relire mes modestes productions. Quand l’envie me prend, il m’arrive aussi de revenir vers un livre, pas spécialement en le relisant intégralement, mais en cherchant ce qui a pu m’échapper. Quand des amis, des connaissances ou d’autres acteurs de la blogosphère ont un avis sur un ouvrage qu’il m’a été donné d’évoquer, il m’arrive de les écouter et, parfois, d’entrer en dialogue avec eux. Et quand, pour telle ou telle raison (souvent parce que je le gonfle avec mes discours sur... [Lire la suite]
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17 novembre 2011

Au bout des chemins

  Nestor rend les armes (Sabine Wespieser éditeur) Nestor vit dorénavant dans sa petite maison, trop étroite pour son corps devenu gras et encombrant. Il visite chaque jour sa femme à l’hôpital. Elle est entrée dans un coma profond. Personne ne sait si elle en ressortira, s’il y aura des séquelles. Passage après passage, au fur et à mesure des conversations avec le personnel hospitalier, les chances s’amenuisent toutefois. Alors Nestor sent la solitude l’envelopper, ou plutôt le retrouver. En vue de préparer l’inévitable, il se... [Lire la suite]
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08 novembre 2011

Ma mère, ce héros

Le peu de lecteurs que compte mon blog à ce jour a bien compris l’amour que je porte à l’œuvre de François Mauriac. A certaines époques de ma vie, ses romans (avec Thérèse Desqueyroux, Le Désert de l’amour et Les Anges noirs en tête), ses chroniques (celles, d’abord, qui ont été réunies pour faire les Mémoires intérieurs et les Nouveaux mémoires intérieurs) ou ses poèmes (Le Sand d’Atys, surtout !) m’ont accompagné. Là n’est pas vraiment le sujet et il sera temps d’y revenir un peu plus tard, peut-être à l’occasion, qui... [Lire la suite]
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04 novembre 2011

En roue libre

L’écriture d’un road-story pourrait s’apparenter à une gageure. Il serait aisé de s’emmerder comme on peut l’être au cours d’un voyage un peu long, quand défile sous nos yeux les paysages monotones qu’on devine depuis l’autoroute, quand on  s’inscrit volontairement dans l’intermède aseptisé, entre un avant qu’on quitte et un après vers lequel on se rend, avec tous les espoirs, toutes les envies et les attentes qui vont avec. La réussite paraitrait d’autant plus difficile à atteindre que face à son faux-frère cinématographique, il... [Lire la suite]
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02 novembre 2011

Inextinguible

Arnaud Cathrine s’est invité, en cette rentrée littéraire, sur un terrain critique qui, après de décennies de récoltes, s’avère aujourd’hui assez peu fertile. Celui où l’on parle des livres qu’on aime, où on donne parfois son avis sur la littérature en général, en mettant en avant une légitimité obtenue après quelques années sur la scène littéraire. L’espace est donc bien occupé, aussi bien par la tradition que par quelques contemporains. Mais ici, il est aussi question d’amour, d’une fureur de vivre littéraire qu’il est vain... [Lire la suite]
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31 octobre 2011

Trait d’union (1)

Une citation, en guise d’introduction à un texte à venir : « De toute façon, il m’a toujours semblé que la métaphore la plus éclairante pour parler d’écriture, c’était le désir. Rien qui sonde de plus près cette énigme qu’est la sève littéraire et sa circulation imprévisible ». Façon de lier l’essai d’Arnaud Cathrine (Nos vies romancées, Stock) à celui de Belinda Cannone.
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28 octobre 2011

Ce que nous avions sur le bout de la langue

Le baiser est un sujet aussi central qu’à part, qui se prête aussi peu aux discours scientifiques que des sujets empruntés à la théologie. Ouvrant sur une intériorité organique (c’est l’orifice qui permet d’atteindre le bouche, le pharynx, l’œsophage…), permettant de nouer contact avec les autres (la parole) ou même de se lier à lui (le baiser, donc), la bouche, et plus encore les lèvres, constituent le seuil de notre intimité la plus profonde, celle que nous offrons à l’être aimé ou que nous goûtons avec appétit.   Le baiser,... [Lire la suite]
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